La rentrée Jazz est copieuse !

Ca faisait un petit moment ! L’été est passé… puis la rentrée… et à ce propos, niveau jazz elle est copieuse !
Petit tour d’horizon des sorties qui m’ont marquées.
Et nouveauté, au lieu de mettre en plus de la classique vidéo un lien vers Spotify (c’est la plateforme que j’utilise mais pourquoi te l’imposer ?) je vais utiliser Odesli qui te donne le lien vers la plateforme de ton choix.
Comme d’habitude, la plupart des titres sont dans le désormais classique Best of TSF !
Allez c’est parti.

On commence avec un nouvel album du pianiste Jamaïcain Monty Alexander. La musique de Monk sur des groove reggae, personne ne l’avait encore fait à ma connaissance… et c’est top : https://album.link/fr/i/1473869802

On enchaîne avec un disque hommage à Michel Petruccianni, par Laurent Coulondre que je découvre à cette occasion. Très bel hommage et grand plaisir à redécouvrir des morceaux de Michel sous un nouvel angle : https://album.link/fr/i/1470255159

Pour continuer, un nouvel album d’Eric Legnini, dans une formule trio originale piano / guitare / contrebasse. Formule gagnante avec par exemple ce joli « Boda Boda », et des solos d’Eric complètement out. J’adore : https://song.link/fr/i/1471345576

Et voici un OSNI avec ce nouvel album posthume de Miles Davis. Même si je ne suis pas fan de tous les morceaux, certains comme « Give It Up » envoient du lourd : https://song.link/us/i/1468251716

On découvre également sur cette rentrée le nouvel album d’Ibrahim Maalouf, S3NS, aux couleurs latines et invités de marque avec par exemple Robert Fonseca : https://album.link/fr/i/1468110178

On passe maintenant à une belle découverte avec cet album d’Ashley Henry, accompagné par Theo Croker sur « Introspection » : https://song.link/fr/i/1456111213

Le groove d’Eric Truffaz resurgit en cette rentrée, avec une « Lune rouge » bien planante ici en live sur TSF Jazz : https://song.link/fr/i/1480241632

Et pour finir, Roberto Fonseca (encore lui !) sort un nouvel album. Et comme à chaque fois c’est du bonheur dans les oreilles : https://album.link/fr/i/1478002634
Là je te mets un live enregistré à l’antenne de TSF Jazz !

Voilà !
Si avec tout ça certains pensent que le jazz appartient au passé… En une seule rentrée l’actualité (et la diversité !) de cette est musique est plus que démontré.

Michel Petrucciani

Mercredi 6 janvier 1999

De retour au lycée après des fêtes de fin d’année heureuses, c’est pourtant le cœur lourd que j’en passe l’enceinte pour rejoindre tous les potes.
Michel Petrucciani est mort à 36 ans des suites d’une pneumonie.

Je suis vraiment touché car je joue et j’écoute beaucoup de jazz à cette période (c’est toujours vrai pour l’écoute), et j’ai eu la chance de voir Michel en concert quelque temps auparavant, pour la première et donc dernière fois.

Sa musique joyeuse et généreuse, ses « farandoles » de notes, sa dextérité, son sens du rythme et des mélodies, son phrasé, ses compositions, sa capacité à diriger ou joindre de beaux projets artistiques… Je sais déjà que tout cela va me manquer énormément, et que l’homme autant que le musicien génial seront irremplaçables.

Dimanche 6 janvier 2019

Le manque est toujours là, et le plaisir à écouter sa musique intact.
Cela fait donc 20 ans que Michel nous a quitté beaucoup trop tôt, et je me refuse à imaginer ce qu’aurait pu être la suite de sa carrière, ou les directions nouvelles qu’il aurait pu faire prendre à sa musique.

A la place, la meilleure manière de lui rendre hommage reste encore de te faire partager sa musique avec certain extraits de ses concerts et des morceaux qui me sont chers.
A noter que TSF Jazz lui consacre la semaine à venir avec des émissions variées (concerts, témoignages, présentation de coffret…)

Et pour finir un extrait du film documentaire qui lui avait été consacré :
https://youtu.be/YNd6H1jdVRI?t=4295

Roy Hargrove

Roy Hargrove est donc mort il y a trois jours, à 49 ans.

Choc pour moi ce matin en apprenant la nouvelle. Même si n’ayant entendu parler d’aucun nouveau disque de sa part depuis 10 ans, je me doutais que quelque chose ne tournait plus rond.
Je ne vais pas revenir sur les circonstances de sa mort ou sur sa biographie/discographie, des articles comme celui-ci le font mieux que moi.

Je l’avais découvert dans les années 2000 avec l’album Habana et sa musique cubaine flamboyante (décidément entre Roy et Roberto Fonseca, c’est pas l’inspiration qui manque pour faire un voyage à Cuba). Les titres « O My Seh Yeh » et « Una Mas » garderont toujours une petite signification particulière pour moi.

Ensuite les années RH Factor et deux superbes derniers disques Emergence et Earfood. Et le privilège de l’avoir vu jouer à Jazz à Juan en 2009.

Voici une vidéo pour se faire une idée du musicien, sur mon morceau préféré de Earfood, « Strasbourg / St Denis » (d’après la station de métro à Paris). La grande classe, un groupe énorme pour l’accompagner (notamment Gerald Clayton en grande forme au piano), et un morceau à écouter d’urgence un jour où le moral est bas :

Et là tout de suite une seule envie, écouter encore et encore sa musique…

24 heures !

Ce mois ci, la célèbre playlist « Best Of TSF » a donc passé la barre des 24 heures de musique. 270 morceaux pour 24h46, soit 5 minutes 30 par morceau en moyenne… j’en connais déjà qui vont ironiser sur ce chiffre.

Bref, avec environ 10 heures ajoutées sur les deux dernières années et une radio toujours très active sur les nouveautés, c’est pas près de s’arrêter… et on a pas fini d’écouter du jazz dans tout sa variété !

Knower

« C’est du What The Funk ! »

C’est par ces mots que Matt m’envoie cette vidéo il y a quelques temps.
Alors clairement au niveau de la vidéo et de l’enregistrement, c’est du grand n’importe quoi qui te fait marrer du début à la fin (jouer dans les escaliers et couloirs d’une maison ? les incrustations vidéos à l’ancienne mais qui visent dans le mille ? Déchirage de T-shirt ?).
Mais surtout, Knower envoie du groove et un son funky comme rarement.

La rythmique est énorme avec une ligne de basse assez dingue (on l’entend bien dans ce « bass cover« ), la voix est top, et les solos aux petits oignons.
Mon solo préféré est celui de clavier avec son changement de tempo en plein milieu, et je te reparlerai d’ailleurs bientôt de Rai.

Bon, ça sonne comme une évidence mais tous les musiciens ont fait de grosses études de Jazz. C’est donc pas un hasard de les voir jouer avec les Snarky Puppy, qu’ils soient programmés dans certains festivals de jazz (pas à Nice Jazz malheureusement…), ou qu’ils fassent la première partie de groupes comme Gogo Penguin

Allez tu me diras ce que tu en penses à l’occaz !

Gogo Penguin

J’ai eu la chance le mois dernier d’aller voir un concert de Gogo Penguin.
Bien chauffé par la diffusion sur TSF Jazz du morceau « Raven » de leur album « A Humdrum Star » qui vient de sortir (et ajouté comme il se doit au Best of TSF), j’avais de grosses attentes pour ce concert et le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas été déçu !

Le concert a été halluciné et hallucinant, complètement emporté par des rythmes à la batterie que je n’ai même pas cherché à comprendre, associés à une contrebasse surpuissante et à un piano aux mélodies hypnotiques.
Je me suis même surpris un moment à imaginer Coltrane lancer un solo transcendent sur le climat énergique instauré par le trio. Je fais l’hypothèse que ça l’aurait bien inspiré.

Deux vidéos pour finir et te donner définitivement envie d’aller les voir si l’occasion se présente :

  • Une interprétation live de Raven, pendant l’émission Deli Express de TSF Jazz. Bon la captation est pas dingue, mais ça donne une idée (et comme ça j’aurais mis un lien improbable vers leparisien.fr)
  • Et « Protest », de l’avant-dernier album, qu’ils ont aussi joué pendant le concert sur un rappel de feu (à écouter avec les basses au taquet) :

The Jazz of Physics

Je viens donc de finir un ouvrage étonnant : The Jazz of Physics, où l’on apprend que John Coltrane était fan d’Einstein et de ses théories !
Il incorporait ainsi dans sa musique beaucoup de concepts scientifiques et physiques tels que la géométrie, la brisure de symétrie, les cycles, l’invariance… et l’auteur voit très clairement la structure de l’univers « transpirer » dans ses solos. A partir de là, est-ce vraiment étonnant de le voir intituler ses derniers albums « Interstellar Space » ou « Stellar Regions » ?
Le dessin ci-dessus, réalisé par Coltrane lui même, témoigne de l’approche « mathématique » qu’il avait de la musique. Et si tu veux comprendre où se cache la gamme pentatonique dans le schéma, hé bien il ne te reste plus qu’à lire le livre !

Stephon Alexander, l’auteur donc, un physicien théoricien et musicien de jazz, affectionne tout particulièrement le concept de l’analogie. C’est ainsi qu’il développe des théories de l’inflation cosmique et donc de la structure de l’univers en se basant sur la vibration des cordes (celles de la théorie… ou du piano ?). L’improvisation est au cœur de sa démarche scientifique, très clairement inspirée par sa passion du jazz.

Le propos est vraiment passionnant, car il permet tout au long du parcours de l’auteur de se faire une idée de la manière de travailler des géants de la physique théorique et du jazz, en plus de révéler des liens insoupçonnés entre le fond diffus cosmologique et la musique.
Comme d’habitude, je prête à qui veut !

The Jazz of Physics – Stephon Alexander (en anglais)