Série FPP épisode 5 : The Witness

C’est déjà le dernier épisode de la série, qui se conclut donc avec The Witness !

Comme dans les autres jeux déjà présentés, ici on est lâché dans un monde sans savoir ni ce qu’on fait là, ni les règles qui le régissent.
Ce monde c’est donc une grande île colorée de toute beauté, qui comporte des régions très différentes (village, châteaux, jungle, désert, montagne…), et on est complètement libre de s’y promener.
L’impression étonnante que ça m’a laissé, c’est que l’île est à la fois immense (beaucoup de régions, de recoins à explorer…) et en même temps pour se rendre d’un point donné à un autre, il ne faudra jamais plus de quelques minutes de promenade dans ce jardin sorti tout droit d’un rêve.

Sauf que… ah oui il y a des énigmes à résoudre pour accéder à certains bâtiments ou domaines de prime abord verrouillés. Ce qui est amusant, c’est qu’elles se présentent toutes sous la même forme, à savoir un panneau de contrôle dans lequel il faut établir une connexion entre un point de départ et une arrivée, et pourtant elles sont toutes différentes dans les mécanismes mis en oeuvre pour les déverrouiller ! De plus, et c’est là où le jeu est génial, même si personne n’est là pour t’expliquer quoi que ce soit, le jeu prend toujours soin de te montrer différents panneaux très simples de manière à ce que tu comprennes par toi même les règles en vigueur.
Je sais pas si je suis très clair, alors voici un exemple :

Là sur chaque panneau, le joueur a déjà relié (au début par essai / erreur) le gros point bleu clair à la sortie. Est-ce que tu vois quelque chose d’assez évident dans les solutions ?

  • Oui ? Ben tant mieux, parce que dans le jeu tu trouveras 1000 fois plus dur, certaines énigmes sont vraiment casse-tête
  • Non ? D’accord à voir comme ça en statique c’est pas évident, mais essaye le jeu (ou regarde la vidéo ci-dessous) et tu verras la satisfaction de comprendre par soi même

A noter aussi que pour beaucoup d’énigmes la prise en compte de l’environnement (les arbres, reflets de soleil, reflets dans la mer…) est indispensable. Super sympa.

Pour finir, une petite critique : à la fin du jeu, j’ai compris les règles de ce monde, mais toujours pas ce que j’y faisais ! Niveau scénario, c’est donc très très léger.
Et comme d’habitude, le trailer qui va bien :

 

Série FPP épisode 4 : The Talos Principle

Au niveau des énigmes / puzzles, Talos Principle est tout bonnement excellent. Et il l’est aussi sur le reste (trame scénaristique légère mais intrigante sur le rapport de l’homme à son « créateur », environnements superbes, musiques et sons d’ambiance pour une bonne immersion, messages énigmatiques et philosophiques, mini-jeux dans le jeu, des œufs de pâques de partout pour les chassœufs en herbe, des bonus très durs à collecter pour ceux qui aiment une grosse difficulté…).

L’outil de base à notre disposition et qu’on voit sur l’image, c’est le réflecteur, qui permet de transmettre et orienter les faisceaux laser pour que ceux-ci activent des interrupteurs, donnent de l’énergie à diverses machines, etc… Petit à petit, le nombre d’outils à notre disposition augmente mais sans exagération (6 en tout), ce sont plutôt les combinaisons entre eux qui sont infinies, débouchant sur des problèmes complexes, super variés, et aux solutions que je qualifierais souvent d’élégantes.

Cerise sur le gâteau, c’est un jeu en « monde ouvert » dans lequel on peut se balader librement, donc pas (trop) de prise de tête sur une énigme qui nous résiste, il suffit de passer son chemin et d’y revenir plus tard avec les idées fraîches et une inspiration renouvelée.

Vraiment un gros coup de cœur ce jeu.
Allez comme d’habitude je te laisse avec un trailer pour t’en faire une idée plus précise :

Série FPP épisode 3 : Fragments of Euclid

Dans cet épisode 3, je te présente Fragments of Euclid !

Alors un peu comme pour Antichamber, on est là dans un monde « impossible » à la Escher. L’image ci-dessus devrait suffire à te convaincre, non ?
Très épuré avec son style crayonné (tout en noir et blanc, sauf quelques éléments interactifs en violet), une bande son qui installe une ambiance mystérieuse… et notre seul ennemi finalement ici, c’est notre cerveau qui se perd dans tous les changements de gravité.

Le jeu est assez court (moins d’une heure), alors laisse toi tenter, d’autant que la bonne nouvelle, c’est qu’il est entièrement gratuit !
Pour le téléchargement, ça se passe ici.

Allez je te laisse sur un petit trailer, et bon jeu à toi !

Et bim les parasites

Un petit interlude dans la série FPP pour te parler rapidement de deux chaines YouTube un peu sœurs, Et Bim et Les Parasites.
Derrière ces chaines, un collectif d’artistes et créateurs qui traitent avec brio de sujets divers et variés. Je dirais pas que j’aime tout ce qu’ils font (et je suis loin d’avoir tout vu de toutes façons), mais dans le lot il y a de l’excellent.

Et plutôt qu’un long discours, je t’ai sélectionné 5 vidéos que je trouve bien stylées (message passé, scénario, jeu d’acteur, réalisation…), dans l’ordre :

  • Cocovoit, un épisode très court au sein d’une série sur le covoiturage,
  • Un court spot qu’ils ont réalisé pour Médecins Sans Frontières,
  • Un épisode de « Johnny chasseur de migrants », caricature bien sale des séries américaines et du discours anti-migrants,
  • Une autre caricature des « Youtubers » (ne coupe pas au bout de 30 secondes, tranquille !)
  • Et pour finir un court-métrage sur le thème des lanceurs d’alerte.

Dis moi ce qui t’as plu dans le lot !

 

 

 

Série FPP épisode 2 : Antichamber

Allez deuxième épisode, et aujourd’hui je te parle d’Antichamber.

Un jeu assez incroyable qui te plonge dans un monde très épuré (beaucoup de blanc, bande son et bruitages très « space »…) et surtout complètement dingue au niveau de son fonctionnement. Tout est différent de notre monde et de notre physique, et les énigmes tout au long du jeu vont nous aider à comprendre la logique inhérente à Antichamber.
Un exemple pour illustrer : après avoir fait un bout de chemin, si je reviens scrupuleusement sur mes pas, je reviens à mon point de départ… ou pas ?

On ajoute par dessus quelques très bonnes idées comme la possibilité de se rendre instantanément à n’importe quel endroit du jeu déjà atteint, des petits encarts philosophiques, des bonus à trouver, et un vrai sentiment de progression dans nos capacités à manier les petits cubes de couleurs, et on obtient un jeu que je te recommande chaudement pour l’expérience unique qu’il procure. Il faut essayer pour comprendre !

Pour finir voici le trailer qui te donnera une bonne idée de l’ambiance :

Série FPP épisode 1 : Portal & Portal 2

Bonjour et bienvenue dans une mini-série de 5 épisodes sur les jeux vidéos de puzzle / énigmes, joués à la première personne.
First-person-puzzle (FPP) en anglais, donc.

Alors dans ce genre de jeu en 3D où l’on tient habituellement un fusil à pompe, une arbalète ou un BFG9000, ici rien de tout ça puisque le but est de résoudre des énigmes ou des puzzles plutôt que de causer un génocide de démons.

Mais que voit-on à l’écran, ça ressemble pas une arme futuriste tout ça ? Hé non, c’est un générateur de portails, qui va permettre de créer en orange et en bleu (sur les murs en face) deux zones qui deviennent adjacentes. Et ça, ça ouvre tout plein de possibilités pour ouvrir des portes, activer des interrupteurs, faire passer un laser…

Ça donne également son nom aux jeux : « Portal » (2007), « Portal 2 » (2011). C’est vieux ? Carrément. Mais du coup ça a un triple avantage :

  • ça tourne forcément sur ton PC, même si il est super vieux
  • ça coûte rien ou presque (j’ai payé 6 euros le pack des deux jeux à titre indicatif)
  • pas de risque de se tromper sur la qualité du jeu, il a été éprouvé par des millions de joueurs avant toi

Le 1 est très bien mais assez court (3 heures ?), le 2 est beaucoup plus consistant comme dirait mon frère tant au niveau de la durée (15 heures ?) que de la qualité des énigmes, des environnements ou du scénario qui même s’il reste léger est bourré d’humour. Oh et à jouer à 2 en coopératif, c’est excellent aussi.

Bref, si tu aimes les puzzle / énigmes et comme moi n’avait pas encore joué à ce jeu mythique, un seul conseil : fonce sans hésiter !

Pour finir un court exemple en vidéo :

Poncé

Les dernières vacances m’ont donné l’occasion d’apprendre une nouvelle expression, manifestement en vogue dans les pays savoyards.
Et c’est à base de ponçage. Ouais.
Donc, il s’agit d’user ou d’abuser de quelque chose, à tel point qu’elle en devienne « poncée » par l’usage.

Quelques exemples seront surement plus parlants :

  • « Non mais laisse tomber, Paul il a complètement poncé Terraforming Mars avec ses 200 parties… »
  • « Haha ton appareil à raclette tu l’as tellement poncé que tes poêlons sont bien moches ! »
  • « Ca fait 10 ans que j’ai mes skis, ils sont poncés à mort. »
  • « J’arrête pas de poncer des IPA, faudrait que je diversifie ma consommation de binouze. »
  • « L’allaitement c’est un peu ponçage en règle des seins de la maman… »
  • « T’as tellement poncé ton vinyle des Headhunters que le son de Herbie est tout chelou ! »

Et toi alors, tu ponces ou bien ?

Jeux & financement participatif

Depuis quelques années, le financement participatif joue un rôle très important du côté des jeux de société, en parallèle du circuit « classique » avec les boutiques (en dur ou en ligne).
La plateforme star est Kickstarter (en anglais), même si d’autres essaient de se faire une place comme Ulule du coté français. On y trouve bien sur d’autres choses que des jeux : de la littérature (par exemple ce projet de traduction intégrale de l’oeuvre de Lovecraft), de la musique, des objets technos, du loufoque avec une campagne pour remplacer les pubs d’une station de métro de Londres par des posters de chats

Mais pour rester du côté des jeux, le succès est tel que des sites et forums dédiés fleurissent, des acronymes comme PM (Pledge Manager) ou PG (Pledge Groupé) font maintenant partie du vocabulaire… et les chiffres deviennent conséquents :

  • les plus gros projets peuvent attirer plus de 40.000 personnes
  • récolter des sommes de plus de 5 millions d’euros
  • en 2018 sur Kickstarter, la catégorie jeux (au complet – donc avec les jeux vidéos, mais l’essentiel vient des jeux de plateau) c’est plus de 3000 projets financés par 800.000 personnes pour un montant de 200 millions de dollars
  • depuis le début de Kickstarter, presque un milliard de dépensé dans la catégorie jeux par 3 millions de personnes…

Après avoir testé le concept en 2013 (en participant au financement d’un très beau film sur le jeu de Go qui est finalement sorti en 2017 – dispo aussi sur Netflix), je n’y étais pas revenu, mais en 2018 comme tu peux le voir sur le screenshot, j’ai un peu craqué comme on dit ! Pourquoi ? Envie de renouveler un peu ma ludothèque, de jeux différents de ce que j’avais (par exemple avec figurines, ou dédiés au jeu solo)… Et Kickstarter facilite bien la prise de risque des éditeurs pour faire des jeux « hors-normes » (puisqu’ils s’assurent d’un certain niveau de demande avant de produire), et donc les jeux innovants qui envoient du lourd en matériel, en concepts… Par transparence j’ai mis les prix même si ils sont conséquents, j’assume !

Allez, assez bavardé de généralités, en quelques mots les raisons pour lesquelles j’ai soutenu ces projets, dans l’ordre chronologique :

  • Unbroken : pris début 2018, j’avais envie d’un jeu rapide (30 minutes) pensé pour être joué en solo. Avec un second enfant en approche, j’anticipais que les soirées jeux se feraient plus rares, et avoir une option ludique rapide loin des écrans me tentait bien
  • Black Rose Wars : j’avais bien envie d’avoir un jeu de figurines dans ma collection, et l’aspect combats-de-mages-avec-des-sorts-et-des-créatures-dans-tous-les-sens-mais-sans-dés a fait le reste
  • Top Secret File : un mini-projet atypique à deux euros pour le fun, et à usage unique. Sympa sans être extraordinaire non plus.
  • Endogénésis : un jeu de cartes « compétitif », un vrai pari car c’est le premier projet du créateur, mais je me suis laissé convaincre par son blog où il parle du développement du jeu. Un peu craquage car des jeux de cartes j’en avais déjà plein, j’avoue ! Mais la campagne est super bien menée avec beaucoup d’attention portée à tous les détails, ça promet.
  • Microbrew : un jeu à 2 dans un format mini très pratique pour emporter en voyage. Quand en plus ça parle de bière… il ne restait plus qu’à cliquer sur « Pledge » !
  • Claustrophobia 1643 : un jeu à 2 assez rapide (45 minutes), avec des figurines opposant les humains aux démons. Hum ça ressemble fort au second craquage de la liste. Mais c’est une réédition et la première version a très bonne réputation, c’est sympa et léger à jouer (avec des dés !!!), et c’est Monolith avec Fred Henry aux commandes, l’éditeur français star sur Kickstarter ! Alors on fait quoi ? On clique sur « Pledge »…
  • Tainted Grail: The Fall of Avalon : on finit en décembre avec du très lourd, un jeu coopératif (1 à 4 joueurs) qui promet une aventure de plus de 100 heures. Wow. Je suppose que je jouerai principalement voire exclusivement en solo à ce jeu inspiré des « livres dont vous êtes le héro » de mon enfance.
  • Est-ce que je te parle en plus de deux jeux que j’ai finalement pris sur le circuit classique, mais inspirés par Kickstarter ? Non je n’oserai pas… (mais l’un des deux est coopératif et sélectionné pour le prix de l’as d’or expert – verdict dans un mois à Cannes)

Si tu veux aller plus loin :

  • Un comparatif des plateformes de financement participatif : c’est là
  • Le site français dédié, avec analyses des projets en cours, rétrospectives, forums, PG pour diminuer les frais de port… c’est ici

H index

Le H index (ou Indice h en français) nous vient du monde de la recherche scientifique, mais a trouvé de l’écho du côté des joueurs de jeux de sociétés.
Cet index mesure combien de jeux différents sont joués régulièrement. Aux extrêmes, si tu joues 100 fois à un seul jeu, ton H index est de 1. Idem si tu joues une fois à 100 jeux.
Par contre, si il y a au mieux 8 jeux auxquels tu as joué au moins 8 fois, ton H index est de 8.

Bref, l’index permet de caractériser un profil de joueur, du monomaniaque au touche à tout en passant par l’équilibré.

Exemple avec mes parties de 2018 :

Tu peux voir que mon index 2018 est de 8, et pour monter à 9, il m’aurait suffi d’une seule partie de plus du 7ème continent !
Et donc, notant mes parties jouées depuis 2009 (10 ans de jeu !), tu peux voir sur le premier graphique l’évolution de l’index sur ces années. C’est finalement assez stable, quoi qu’avec une légère tendance à la hausse quand même.

Pour finir, mon H index global sur les 10 ans est de… 21

Voilà, c’est une métrique rigolote mais évidement pas un objectif… et puis on peut s’interroger sur la pertinence de comparer une partie de Twin it avec une partie de Gloomhaven ou de Terra Mystica…

Bref si toi aussi tu joues, combien pour toi alors ?

Michel Petrucciani

Mercredi 6 janvier 1999

De retour au lycée après des fêtes de fin d’année heureuses, c’est pourtant le cœur lourd que j’en passe l’enceinte pour rejoindre tous les potes.
Michel Petrucciani est mort à 36 ans des suites d’une pneumonie.

Je suis vraiment touché car je joue et j’écoute beaucoup de jazz à cette période (c’est toujours vrai pour l’écoute), et j’ai eu la chance de voir Michel en concert quelque temps auparavant, pour la première et donc dernière fois.

Sa musique joyeuse et généreuse, ses « farandoles » de notes, sa dextérité, son sens du rythme et des mélodies, son phrasé, ses compositions, sa capacité à diriger ou joindre de beaux projets artistiques… Je sais déjà que tout cela va me manquer énormément, et que l’homme autant que le musicien génial seront irremplaçables.

Dimanche 6 janvier 2019

Le manque est toujours là, et le plaisir à écouter sa musique intact.
Cela fait donc 20 ans que Michel nous a quitté beaucoup trop tôt, et je me refuse à imaginer ce qu’aurait pu être la suite de sa carrière, ou les directions nouvelles qu’il aurait pu faire prendre à sa musique.

A la place, la meilleure manière de lui rendre hommage reste encore de te faire partager sa musique avec certain extraits de ses concerts et des morceaux qui me sont chers.
A noter que TSF Jazz lui consacre la semaine à venir avec des émissions variées (concerts, témoignages, présentation de coffret…)

Et pour finir un extrait du film documentaire qui lui avait été consacré :
https://youtu.be/YNd6H1jdVRI?t=4295