Poncé

Les dernières vacances m’ont donné l’occasion d’apprendre une nouvelle expression, manifestement en vogue dans les pays savoyards.
Et c’est à base de ponçage. Ouais.
Donc, il s’agit d’user ou d’abuser de quelque chose, à tel point qu’elle en devienne « poncée » par l’usage.

Quelques exemples seront surement plus parlants :

  • « Non mais laisse tomber, Paul il a complètement poncé Terraforming Mars avec ses 200 parties… »
  • « Haha ton appareil à raclette tu l’as tellement poncé que tes poêlons sont bien moches ! »
  • « Ca fait 10 ans que j’ai mes skis, ils sont poncés à mort. »
  • « J’arrête pas de poncer des IPA, faudrait que je diversifie ma consommation de binouze. »
  • « L’allaitement c’est un peu ponçage en règle des seins de la maman… »
  • « T’as tellement poncé ton vinyle des Headhunters que le son de Herbie est tout chelou ! »

Et toi alors, tu ponces ou bien ?

Jeux & financement participatif

Depuis quelques années, le financement participatif joue un rôle très important du côté des jeux de société, en parallèle du circuit « classique » avec les boutiques (en dur ou en ligne).
La plateforme star est Kickstarter (en anglais), même si d’autres essaient de se faire une place comme Ulule du coté français. On y trouve bien sur d’autres choses que des jeux : de la littérature (par exemple ce projet de traduction intégrale de l’oeuvre de Lovecraft), de la musique, des objets technos, du loufoque avec une campagne pour remplacer les pubs d’une station de métro de Londres par des posters de chats

Mais pour rester du côté des jeux, le succès est tel que des sites et forums dédiés fleurissent, des acronymes comme PM (Pledge Manager) ou PG (Pledge Groupé) font maintenant partie du vocabulaire… et les chiffres deviennent conséquents :

  • les plus gros projets peuvent attirer plus de 40.000 personnes
  • récolter des sommes de plus de 5 millions d’euros
  • en 2018 sur Kickstarter, la catégorie jeux (au complet – donc avec les jeux vidéos, mais l’essentiel vient des jeux de plateau) c’est plus de 3000 projets financés par 800.000 personnes pour un montant de 200 millions de dollars
  • depuis le début de Kickstarter, presque un milliard de dépensé dans la catégorie jeux par 3 millions de personnes…

Après avoir testé le concept en 2013 (en participant au financement d’un très beau film sur le jeu de Go qui est finalement sorti en 2017 – dispo aussi sur Netflix), je n’y étais pas revenu, mais en 2018 comme tu peux le voir sur le screenshot, j’ai un peu craqué comme on dit ! Pourquoi ? Envie de renouveler un peu ma ludothèque, de jeux différents de ce que j’avais (par exemple avec figurines, ou dédiés au jeu solo)… Et Kickstarter facilite bien la prise de risque des éditeurs pour faire des jeux « hors-normes » (puisqu’ils s’assurent d’un certain niveau de demande avant de produire), et donc les jeux innovants qui envoient du lourd en matériel, en concepts… Par transparence j’ai mis les prix même si ils sont conséquents, j’assume !

Allez, assez bavardé de généralités, en quelques mots les raisons pour lesquelles j’ai soutenu ces projets, dans l’ordre chronologique :

  • Unbroken : pris début 2018, j’avais envie d’un jeu rapide (30 minutes) pensé pour être joué en solo. Avec un second enfant en approche, j’anticipais que les soirées jeux se feraient plus rares, et avoir une option ludique rapide loin des écrans me tentait bien
  • Black Rose Wars : j’avais bien envie d’avoir un jeu de figurines dans ma collection, et l’aspect combats-de-mages-avec-des-sorts-et-des-créatures-dans-tous-les-sens-mais-sans-dés a fait le reste
  • Top Secret File : un mini-projet atypique à deux euros pour le fun, et à usage unique. Sympa sans être extraordinaire non plus.
  • Endogénésis : un jeu de cartes « compétitif », un vrai pari car c’est le premier projet du créateur, mais je me suis laissé convaincre par son blog où il parle du développement du jeu. Un peu craquage car des jeux de cartes j’en avais déjà plein, j’avoue ! Mais la campagne est super bien menée avec beaucoup d’attention portée à tous les détails, ça promet.
  • Microbrew : un jeu à 2 dans un format mini très pratique pour emporter en voyage. Quand en plus ça parle de bière… il ne restait plus qu’à cliquer sur « Pledge » !
  • Claustrophobia 1643 : un jeu à 2 assez rapide (45 minutes), avec des figurines opposant les humains aux démons. Hum ça ressemble fort au second craquage de la liste. Mais c’est une réédition et la première version a très bonne réputation, c’est sympa et léger à jouer (avec des dés !!!), et c’est Monolith avec Fred Henry aux commandes, l’éditeur français star sur Kickstarter ! Alors on fait quoi ? On clique sur « Pledge »…
  • Tainted Grail: The Fall of Avalon : on finit en décembre avec du très lourd, un jeu coopératif (1 à 4 joueurs) qui promet une aventure de plus de 100 heures. Wow. Je suppose que je jouerai principalement voire exclusivement en solo à ce jeu inspiré des « livres dont vous êtes le héro » de mon enfance.
  • Est-ce que je te parle en plus de deux jeux que j’ai finalement pris sur le circuit classique, mais inspirés par Kickstarter ? Non je n’oserai pas… (mais l’un des deux est coopératif et sélectionné pour le prix de l’as d’or expert – verdict dans un mois à Cannes)

Si tu veux aller plus loin :

  • Un comparatif des plateformes de financement participatif : c’est là
  • Le site français dédié, avec analyses des projets en cours, rétrospectives, forums, PG pour diminuer les frais de port… c’est ici

H index

Le H index (ou Indice h en français) nous vient du monde de la recherche scientifique, mais a trouvé de l’écho du côté des joueurs de jeux de sociétés.
Cet index mesure combien de jeux différents sont joués régulièrement. Aux extrêmes, si tu joues 100 fois à un seul jeu, ton H index est de 1. Idem si tu joues une fois à 100 jeux.
Par contre, si il y a au mieux 8 jeux auxquels tu as joué au moins 8 fois, ton H index est de 8.

Bref, l’index permet de caractériser un profil de joueur, du monomaniaque au touche à tout en passant par l’équilibré.

Exemple avec mes parties de 2018 :

Tu peux voir que mon index 2018 est de 8, et pour monter à 9, il m’aurait suffi d’une seule partie de plus du 7ème continent !
Et donc, notant mes parties jouées depuis 2009 (10 ans de jeu !), tu peux voir sur le premier graphique l’évolution de l’index sur ces années. C’est finalement assez stable, quoi qu’avec une légère tendance à la hausse quand même.

Pour finir, mon H index global sur les 10 ans est de… 21

Voilà, c’est une métrique rigolote mais évidement pas un objectif… et puis on peut s’interroger sur la pertinence de comparer une partie de Twin it avec une partie de Gloomhaven ou de Terra Mystica…

Bref si toi aussi tu joues, combien pour toi alors ?

Premier verger

Voilà un jeu coopératif sympa pour les enfants ! Le joli matériel rend les parties agréables, et les règles sont très très simples :

  • A tour de rôle, on lance le dé
  • Si on tombe sur jaune, vert, rouge ou mauve, on cueille un fruit de la couleur correspondante et on le pose dans le panier
  • Si on tombe sur le corbeau, il avance d’une case sur la piste qui le mène au verger
  • Si on tombe sur le fameux panier comme sur la photo, on peut choisir le fruit que l’on cueille !

La partie est gagnée quand tous les fruits sont cueillis, ou perdue dès que le corbeau a avancé 5 fois et entre donc dans le verger.

Donc oui, 5 fois sur 6 on execute juste ce que le dé nous a donné, mais il y un choix (et donc stratégie) quand on tombe sur le panier !
Bien sur le plaisir pour les enfants est avant tout dans le matériel, le fait de jouer tous ensemble contre le corbeau, et l’intérêt est dans l’apprentissage de règles à respecter.

Mais… j’étais curieux de faire quelques statistiques sur les chances de victoire, et l’impact des « stratégies » utilisées lorsqu’on fait panier.
Quelques lignes de programmation plus tard (on pourrait surement faire des probas à la place, mais ça a pas l’air simple du tout), et les résultats tombent. Les stratégies considérées sont :

  1. Cueillir toujours dans l’arbre où il reste le plus de fruits
  2. Cueillir au hasard
  3. Cueillir toujours dans le premier arbre où il reste des fruits (en partant de la gauche par exemple)
  4. Cueillir toujours dans l’arbre où il reste le moins de fruits

Et voici les statistiques de victoire, avec 10 millions de parties jouées pour chaque stratégie (même sur un vieil ordinateur, ça prend moins d’une minute) :

  1. 63,13 %
  2. 59,68 %
  3. 58,26 %
  4. 55,52 %

Ce que j’en retiens :

  • C’est un jeu où il faut s’attendre à perdre régulièrement. C’est surement une bonne chose pour les enfants, d’autant que la défaite étant partagée par tous les joueurs elle passe d’autant mieux, et on peut très vite refaire une partie !
  • Comme on peut faire un choix une fois sur six en moyenne, l’impact des stratégies est assez mineur. Je trouve ça un peu dommage, car ça va être compliqué pour les enfants de réaliser qu’il y a de meilleurs choix que d’autres. Je ne sais pas à partir de quel âge un enfant peut « réfléchir » aux stratégies, mais pour les petits seule l’observation aurait pu leur mettre la puce à l’oreille. Mais avec des différence si minimes…

Si tu veux jouer avec le code ou regarder par curiosité, ça se passe ici.

FIJ 2018

C’est donc le weekend dernier que se tenait le Festival International des Jeux à Cannes.
Alors clarifions tout de suite, par jeux on entend ici « jeux de société ». Il y a bien une petite partie jeux vidéos, mais je ne l’ai jamais trouvé très intéressante.

Pourquoi t’en parler après coup en fait ? Hé bien pour te donner envie d’y venir l’année prochaine, ou de visiter un autre salon/festival sur le jeu de société, car ouais, c’est cool.
Mais d’ailleurs on y fait quoi au juste ? Petit tour d’horizon, inspiré de ce blog :

  1. Jouer (sans blague). Mais au fait, avec plusieurs centaines (milliers ?) de jeux présentés, comment choisir ? Pour ma part j’essaye de jouer à des jeux que je ne connais pas, en espérant découvrir des mécaniques / systèmes de jeux novateurs. Bon ça reste un peu au hasard des tables dispos, des illustrations qui t’attirent, etc… complètement imprévisible, et souvent l’occasion de jouer avec des inconnus sympas et passionnés.
    Contrairement à certaines connaissances, j’y vais pas avec une liste préétablie de 30 jeux à absolument tester !
  2. Participer à des tournois, pour le coup à l’inverse du point précédent, c’est mieux sur des jeux qu’on connait bien. Cette année, participation à 7 Wonders Duel et Splendor, avec des résultats mitigés.
    Ce que j’apprécie dans les tournois, c’est que les parties s’enchaînent, pas de galère pour apprendre des règles dans un bruit improbable, attendre une table de dispo, et y’a beaucoup de (très) bons joueurs pour faire de belles parties.
  3. Accompagner les enfants : superbe espace enfant à Cannes, les petits de tout âge se régalent et ne savent plus ou donner de la tête !
  4. Participer au « off » le soir jusqu’à tard. Raté cette année, mais c’est une bonne occasion de tester des protos présentés par les auteurs eux-même, puis de leur faire des retours une binouze à la main.
  5. Faire des achats. Moi c’est pas trop mon truc (bredouille cette année) à moins de trouver des promos intéressantes (genre dimanche fin d’aprem), car j’aime mieux réfléchir à deux fois avant d’avoir une boite de plus dans l’étagère… histoire d’être sur de l’ouvrir plusieurs fois ensuite ! D’autres reviendront avec des dizaines de jeux.