Le problème à trois corps

Attention, grosse découverte !
J’ai dévoré ce roman de SF écrit par Liu Cixin (Chine). Comme je l’ai reçu en cadeau, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre (modulo le gros avertissement que je fais plus bas), et chaque page m’a apporté son lot de surprises.
Ce qui m’a le plus marqué je crois, c’est l’imagination de l’auteur, qui m’est apparue sans limites. Et pour autant, bien qu’on aille assez loin dans la fiction et que les thèmes abordés soient très variés (de la révolution culturelle en Chine au « jeu vidéo », en passant par l’astrophysique et l’avenir de l’humanité), la cohérence du tout est excellente, notamment sur le plan scientifique. Par ailleurs, la trame qui se dévoile est éclairée par les points de vue de différents personnages à différentes époques, un concept qui me plait énormément (j’en avais déjà parlé ici).

Je n’en dirai pas plus, ne voulant surtout pas te gâcher une des nombreuses surprises qui t’attendent.
Je signale d’ailleurs à ce propos qu’il faut absolument éviter de lire la 4ème de couverture. Carton rouge sur ce coup à l’éditeur, qui au lieu de se contenter de décrire le contexte, te balance peinard deux gros éléments de l’intrigue. Incroyable. Pour ma part, heureusement que je l’avais lu vite fait en diagonale, mais même comme ça c’est dommage.

Allez, on en reparle dès que t’auras fini sa lecture !
(et comme d’habitude je prête à qui veut)

Le problème à trois corps – Liu Cixin

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… et on plonge dans le système Victoria !

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Sacré système que celui de Victoria, cette DRH VIP d’une multinationale !
Elle combat les syndicalistes et ferme des usines la journée, puis retrouve le confort des hôtels de luxe le soir, dopée au champagne et… au sexe avec son amant.
Son amant c’est David, directeur de travaux pour l’édification d’une tour à la Défense dont la hauteur extrême ne trouve d’écho que dans l’abrutissement et la servitude totale des hommes qui la construisent, lui inclus.
Après tout, les millions que touchera l’entreprise de promotion méritent bien quelques sacrifices humains…

La vie de David, dont on suit le point de vue tout au long du roman, sera complètement bouleversée par sa rencontre avec Victoria : ses idéaux, son professionnalisme, ses fantasmes, sa famille… Tout y passe, mais ce sera au prix d’intenses questionnements et scrupules, qui feront même ressortir des souvenirs troublants de sa jeunesse.

L’écriture d’Éric Reinhardt, que je découvrais sur ce roman, m’a ravi. Les envolées lyriques mais vulgaires du directeur de travaux, la plongée dans le cerveau de David perclus de doutes, la description des ébats passionnés, tout cela sur la toile de fond du rapport des hommes à l’ultra-libéralisme… Je n’ai pas été surpris de voir que le roman avait été sélectionné pour le Goncourt 2011.

Le Système Victoria – Éric Reinhardt

… et on contemple ce monde disparu !

ce monde disparu

J’adore les histoires de gangsters…
J’affectionne tout particulièrement qu’un auteur éclaire son œuvre de multiples points de vue…
Je me régale des chapitres consacrés aux « second-rôles » : le médecin, le tueur à gages, le gangster qui va au taf après la naissance de sa fille, King Lucius, Montooth Dix…
J’aime ces truands avec une vraie épaisseur, emplis de doutes et questionnements, coincés entre l’image parfaitement respectable et honorable qu’ils veulent donner d’eux même, et leur naturel qui reprend inévitablement le dessus tôt ou tard…

Bref, je recommande la lecture de ce monde disparu – Dennis Lehane.